Guizmo, rappeur street depuis 1664

 Productivité, nom féminin : Caractère de ce qui est productif.

Synonymes : Guizmo

En effet, voilà une définition qui correspond parfaitement au MC du 92. Si le rap était représenté par le monde du travail, Guizmo n’aurait pas à rougir de son Curriculum Vitae et ferait pâlir plus d’un directeur des ressources humaines. 21 ans, deux albums, des freestyles et des dizaines de scènes, un parcours impressionnant pour un MC sortant du lot dans la catégorie « rap de rue ». Plus accompagné par son joint et sa canette de bière que par ses potes, Guizmo rappe sa vie, la rue, ses relations avec la gente féminine, partageant son temps entre le studio et la promo.

On peut lui reprocher d’être redondant, mais on ne peut que lui envier son travail, son envie de percer et de réussir là où la concurrence, au même âge, vendait encore ses cd’s de mains en mains…

Rap Contenders : l’éclosion d’un talent

Début 2011, comme 90% des auditeurs actuels de Guizmo, je découvre pour la première fois le bonhomme, tranquille devant mon écran d’ordinateur. C’est grâce aux Rap Contenders que je fait la connaissance du charismatique et drôle Guizmo. Venu accompagné de toute sa futur-ex-clique, il fera, tout au long de son clash contre Aronstrong, rire le public et les organisateurs. Aussi sobre qu’un Renaud ou qu’un Samy Nacéri, emmitouflé dans sa doudoune, Guizmo fait le show et son adversaire déguste. Répondant à l’attaque « J’t’ai vu dehors boire 5 Ballantine’s », par un cinglant « Normaaaaaaaaaaaaal », Guiz’ avait d’ors et déjà trouvé d’un même temps sa gimmick et le titre de son premier album… sa carrière se profilait.

A l’époque des Rap Contenders, lorsqu’on tapait Guizmo sur Youtube on y trouvait ses freestyles avec L’Entourage et sa série de freestyles solos « Le Fugitif ». Guizmo entretenait alors dans le crew parisien, l’image du rappeur ghetto, en marge et réservé. Une image un peu erronée car c’est bien le premier rappeur du collectif qui va lancer sa carrière solo, brillament.

Bandes de profiteuses, vous étiez où avant Rap Contenders et mon album ?

Normal

En septembre 2011 Guizmo lâche son premier clip « Normal » issu de son futur premier album éponyme. On y découvre un rap de rue, tourné dans les rues parisiennes, sur beat « boom-bap », suivant alors la voie artistique empruntée par son collectif.

Un mois plus tard sort l’album « Normal ». Guizmo alors signé sur le label « Yonea&Willy » décroche pour cet album une distribution exclusive en Fnac. Sur 15 titres, Guiz’ nous fait découvrir son univers, l’être tourmenté qu’il est, coincé entre sexe, drogue & rap. Qu’il soit en solo ou accompagné des membres de L’Entourage, il se confie sur son addiction à l’alcool, sur ses problèmes quotidiens variant entre égotrip, punchlines et phases plus réfléchies.

Guizmo connaît alors un succès grandissant, il commence à se faire un public sur internet, multipliant les clips, les interviews et les freestyles radios pour défendre son premier effort. Un pari osé pour le rappeur mais un pari réussi puisque Guizmo se trouve aisément une place dans la catégorie « jeune rappeur à suivre » du rap hexagonal.

Exclusivité fnac, tu peux parler
Mais t’es plus limité qu’oim à mes débuts

De l’Entourage à l’Entoutseul

Janvier 2012, après quelques semaines de repos pour le rappeur, un communiqué sur le Facebook de L’Entourage nous apprend que le collectif se sépare de Guizmo, pour des raisons personnelles et artistiques. C’est la stupeur chez les fans, qui se divisent. Les avis sont partagés et des débats se lancent sur l’utilité de Guizmo pour le collectif et inversement.

On aurait pu alors croire que cette séparation porterait un coup à la carrière du Gremlins, mais c’est tout le contraire. Il commence par sortir « Chat perché » un son où il règle ses comptes avec L’Entourage, renforcant encore plus son image de bad boy. Puis il va enchainer avec des faces B comme la reprise d’Underground Kings de Drake ou des participations remarquées comme sur la compilation Booska-Tape. Enfin, il fait le ménage dans ses sons en balancant sur le net plusieurs anciens feats avec Nekfeu, se débarrassant ainsi de tout ce qui le liait encore à L’Entourage.

La machine est alors prête et Guizmo commence son cheminement vers son second album, lui qui avait promis sous serment de vodka de sortir un album tout les 6 mois tient sa parole, et il revient dans la compétition le 16 avril 2012 avec « La banquise ».

Merci L’Entourage, grâce à vous je sais
Que l’amitié n’est qu’une vaste blague et qu’il y a pas d’pitié

Le chat se perche sur la banquise

Ce nouvel album est cette fois distribué dans tout les bacs de France. Son image est encore plus travaillé. La promotion est exceptionnelle puisque Guizmo n’hésite pas à balancer plusieurs extraits de son album quelques semaines avant sa sortie. Le côté rue est encore et toujours là, et Guiz lance même des piques à l’Entourage que ce soit sur la pochette ou dans ses chansons.

Tout les ingrédients indispensables à la réussite de la recette Guizmo sont là, tant en termes quantitatifs que qualitatifs. Mais au delà du marketing, on a l’impression avec cet album d’écouter un artiste plus mature. Il a élargit son champ musical, continuant ainsi à rapper sur ses beats samplés mais intégrant aussi de la composition, des flows plus variés comme sur Banlieue dégueulasse, de l’égotrip plus prononcé et des confessions crues et touchantes comme sur l’intro et l’outro ou encore sur Guizmax. Tout cela agrémenté de quelques collaborations, d’un morceau très street-club et d’un single (prédestiné à la radio) mettant en avant les qualités de sa mère et de toutes les mères du monde.

Le public ne s’y trompe pas et « La Banquise » devient rapidement numéro 1 des ventes Itunes à sa sortie. Le milieu du rap non plus puisque Guizmo verra de plus en plus de rappeur le soutenir comme Oxmo ou encore Youssoupha avec qui il freestylera. Le rappeur du 92 est définitivement lancé dans l’aventure qu’est le rap et s’il respecte son contrat, un troisième album devrait arriver en octobre.

J’suis un scarla refait, j’ai une belle montre et une signature en indé
J’ai pris la tune j’suis blindé

En attendant il a récemment rappé sur une instru de Rick Ross, façon détente entre deux albums.

 En un an, Guizmo s’est véritablement inscrit dans l’horizon rap français. Avec deux albums au compteur, on constate une évolution phénoménale de sa musique, variant thèmes, flows et instrumentales, Guizmo a su se créer sa propre identité. Tout cela a bien sûr été rendu possible grâce à son talent mais aussi son travail et sa détermination. Acharné, aucun rappeur n’a jamais si bien fait la promo d’un de ses albums. Guizmo est sur tout les fronts, et le sien en sue.

 Au final, ce qui distingue Guizmo du « rap de rue » c’est que lui n’en fait pas l’éloge. Cette dernière l’a déjà fait plusieurs fois souffrir, il en tire aujourd’hui un bilan et ce bilan c’est ce rap tourmenté et mélancolique qu’il pratique.

Guizmo n’est en fait rien d’autre qu’un homme en pleine autodestruction, enfermé dans les vices de l’alcool et de la fumette, reporter de son environnement et de son époque, et qui attend patiemment une résurrection.

Publié le 2 août 2012, dans Article, Hors-série. Bookmarquez ce permalien. Un commentaire.

  1. Très bon article sur le guiz, perso ce type raconte beaucoup de choses qui me touche vraiment car je vie les même choses. Bientôt se sera lui le numéro 1 incontesté du rap français, même si a vrai dire il n’en est déjà pas très loin…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 49 followers

%d bloggers like this: